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Par exemple, concernant la nudité, nous avons le témoignage de Diodore de Sicile, auteur grec du Ier siècle avant J. La mythologie celtique se rapporte à la religion des Celtes de la protohistoire et au druidisme , qui structure les sociétés celtiques.

Elle traite de la vie des dieux et déesses dans l' Autre Monde le Sidh des irlandais , des héros et de leurs exploits. Cette civilisation a progressivement disparu avec la romanisation puis le monothéisme judéo-chrétien. Dans le cadre de cette mythologie existait la Déesse-Mère comme par exemple Belisama , déesse gauloise, femme de Bélénos.

Liée elle aussi à la lumière, la chaleur et elle est aussi déesse fertile. Chez les gaulois, ils existent de nombreuses productions de statue dites de déesse mère. Cette dénomination est issue de la psychologie analytique pour désigner des processus psychiques inconscients, ayant une importance dans la vie psychique du sujet.

Ces processus se nomment archétypes. La féminité de l'homme se nomme l' anima. La Déesse-Mère se nomme dans le cadre de cette théorie la femme de la sublimation. Ainsi les représentations féminines ne révèlent pas un présence particulière des femmes mais bien une projection des hommes: Il existe aussi dans Plutarque in la Vie de Crassus une confirmation de cet état de fait:.

Le concept de pudeur, ne s'installera que beaucoup plus tard avec la romanisation. Cependant certains auteurs nuancent ce propos et indiquent que les Gaulois faisaient néanmoins preuve de pudeur. La question de comment se déroulait la sexualité, chez les Gaulois, a souvent été posée.

Ce n'est finalement que dans les années que les premiers ouvrages traitant de manière centrale de cette question sont apparus. Comment ont-ils considéré les rapports du sexe et du sacré?

Dans l'antiquité l' homosexualité masculine et la sodomie entre hommes, si elle ne fut pas la position sexuelle privilégiée, fut pratiquée dans la Grèce antique , ainsi qu'à Rome.

Cependant il y a quelques citations d'auteurs classiques déclarant que l'activité homosexuelle était acceptée et quelques productions culturelles en la matière. Pour de nombreux auteurs les Gaulois, plus axés sur la nudité de la déesse et sur une nudité de provocation vont peu-à-peu céder le pas aux Romains.

Certains auteurs sont encore plus radicaux et estiment que ce sont les Romains qui amenèrent les Gaulois aux représentations de nudité. Cependant des auteurs plus récents, comme Cyril Dumas conservateur de la maison Cazenave , conservation des musées des monuments et des sites, Les Baux, France , et J.

Baude professeur à l'Institut régional du travail social, mas de Chevrier, Les Baux, en France ont commis aussi un livre sur le sujet: La plupart des objets illustrant ce thème n'ont pas supporté le filtre de la censure. Pourtant, les représentations sexuelles sont légion à l'époque romaine. L'iconographie érotique est définie par une gamme complète de positions homosexuelles ou hétérosexuelles, depuis la posture gynécologique jusqu'aux déviations les plus obliques.

Enfin, il n'est pas fait mention dans les textes cités d'une homosexualité exclusive. Il est tout à fait probable que le guerrier gaulois s'adonnant à ces pratiques possédait également une femme officielle. Ce type de relation s'apparente donc plus à une forme de bisexualité décomplexée, traditionnelle et initiatique.

Le gaulois était ouvert et sexuellement pragmatique: Qui sait, peut-être qu'Astérix et Obélix étaient plus que de simples amis et que leur vie en commun avec leur bichon maltais était tout à fait tolérée par la communauté gauloise. Gaulois mourant - musée du Capitole à Rome. Les Celtes, que les Romains appelaient les Gaulois, étaient un ensemble de peuple évolué, structuré, hiérarchisé, très avancé dans l'artisanat et productif en agriculture. L'archéologie moderne nous a démontré qu'il ne s'agit pas de barbares contrairement aux idées communément reçues.

Cette civilisation était organisée en provinces avec de fortes identités et les multitudes de peuples qui les formaient se jouaient d'alliances, commerçaient et se faisaient parfois la guerre les uns aux autres pour des objectifs de conquête de territoire, de domination et de pouvoir. Nous avons affaire à un peuple de guerriers où chaque homme se devait d'y tenir un rôle militaire.

Ils étaient reconnus pour être surentraînés, courageux, braves et n'ayant pas peur d'affronter la mort celle-ci n'étant qu'une étape vers une autre vie. Ils pouvaient partir en campagne militaire pendant des mois, voire vendre leurs talents de mercenaires à d'autres peuples tels que les Grecs Alexandre le Grand a d'ailleurs profité de leur adresse pendant ses campagnes.

La question à se poser à ce stade de lecture est: Pourquoi parler des guerriers celtes pour un article sur l'homosexualité chez les gaulois? Ce que disent les auteurs antiques sur l'homosexualité des guerriers celtes. C'est Aristote, au IVème siècle avant notre ère, et dont son élève Alexandre le grand était allié et ami des Celtes, qui nous présente ce peuple de guerriers comme des pédérastes, ce qui à ses yeux est un éloge.

Il nous explique que grâce à cette habitude, ils échappent à la domination des femmes qui est le fléau des Etats, propos qui passeraient pour misogyne de nos jours: J'en excepte cependant les Celtes et quelques autres nations qui, dit-on, honorent ouvertement l'amour viril.

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  • C'est une idée bien vraie que celle du mythologiste qui, le premier, imagina l'union de Mars et de Vénus ; car tous les guerriers sont naturellement enclins à l'amour de l'un ou de l'autre sexe". La publicité sert à financer l'hébergement du site, en cliquant sur ce bandeau, vous contribuez à la pérennité du site.
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On ne faisait pas ce qu'on voulait quand on le voulait, avec les esclaves. En ce qui concerne les codes de comportements sexuels entre hommes, le rôle "passif" ou "actif" était lié au statut, à la fonction. Dans la société celtique, au cours de la vie d'une femme, celle-ci se voyait fréquemment forcée, quelle que fût sa tendance, sa nature, à passer par le rôle de réceptacle et de concevoir, de devenir mère.

De même, au cours de la vie du guerrier, celui-ci doit passer du "passif" à "l'actif" pas seulement dans la pratique sexuelle mais dans la symbolique comportementale au quotidien à cause d'un rôle de mentor ou de seigneur qu'il endosse vis à vis d'un jeune dont il aurait la charge, ou des guerriers à son service, et surtout parce qu'idéalement, il doit se marier avec une femme et engendrer.

Cependant, le concept d'amour libre permet à l'individu d'entretenir une relation amoureuse à sa convenance, à côté des obligations. D'aimer et d'être aimé de la manière la plus cohérente avec sa propre nature. L'amour libre aurait été plus en vogue chez les Celtes insulaires que sur le continent, semblait-il, mais là encore, les conclusions sont imprégnées d'une vision tronquée, surtout en Belgique et en France où toute découverte archéologique doit s'accorder avec les textes latins - les seuls dont nous disposons - et les dires de ce cher Jules.

Or, chez les Romains, l'adultère est condamnable pour les femmes. Une chose est sûre: Il ne s'agissait donc pas là simplement de jeux de rôles sociaux. Outre la dimension symbolique et spirituelle de l'acte, de nombreux témoignages antiques et médiévaux gaéliques mentionnent une relation affective très forte, souvent passionnée, même, entre mentor et élève ou entre deux guerriers.

Nous aurions tendance à voir ces échanges comme pervers. Ouvrons ici une parenthèse: Elle se subtilise ainsi à la conscience.

Il viole la terre, le vivant. La prostitution était absente, ainsi que la pédérastie relation avec des individus pré-pubères et le viol. La culture du viol que nous connaissons aujourd'hui 1 femme sur 5 et 1 homme sur 16 subissent chaque année l'une ou l'autre forme d'agression sexuelle est le résultat d'une culture, justement.

On a fini par croire que ce comportement est inévitable, comme intrinsèque à l'être humain, à l'homme en particulier, ce qui est tout à fait faux, à mon humble avis. De même, le viol "guerrier", celui qui est utilisé pour "inséminer" les femmes du peuple ennemi et ainsi forcer le gène, dominer, coloniser, imprégner, en quelques sortes, vient d'une autre conception de la guerre voir l'article sur les Celtes et la guerre ICI.

Nulle part, dans les rapports d'historiens grecs ou romains, qu'il s'agisse de faits et gestes de troupes mercenaires celtes ou durant la prise de Delphes ou de Rome, ne fait-on mention de Celtes agressant ou violant les femmes dans les villages et les villes conquises, ou convoitant les vestales vierges consacrées des temples.

Ils pillaient et mettaient à sac mais seul l'or les intéressait, semble-t-il Par contre, durant la guerre des Gaules, les romains, eux, ne se gênèrent pas. C'est d'ailleurs le viol de ses deux filles, en plus du prélèvement d'esclaves sur son peuple et de lourdes taxes, entre autres oppressions, qui incita la reine Boadicea a se révolter contre les romains.

Si le viol est présent dans les écrits celtiques médiévaux tardifs, irlandais et gallois, il est habituellement extraordinaire et suivi d'une terrible vengeance ou même des représailles du peuple de la victime envers celui de l'agresseur. Sinon, il apparaît dans un contexte amoureux et provoque la conception d'un dieu ou d'un héros ou résulte en un mariage inespéré car les parents désapprouvaient l'union au départ.

Il se pourrait donc que le "viol" mythologique fasse allusion, tout simplement, à l'acte de pénétration, même quand celui-ci est mutuellement consenti. Il faut comprendre également que les mythologies dont nous disposons aujourd'hui, dans nos bibliothèques, sont des versions tardives, des retranscriptions ayant déjà souffert d'une influence patriarcale. La mythologie grecque dont s'est inspirée Rome n'avait déjà plus rien à voir avec le polythéisme indo-européen original ou originel.

Un dieu d'aspect solaire sorti de son symbolisme cyclique, ne souffrant plus aucun amoindrissement, dominait un panthéon dont les représentants avaient déjà perdu, dans leur histoire, leur symbolisme, leur caractère, une bonne partie de leur prime nature, ainsi que les inter-influences, interdépendances et interactions. Le cloisonnement montrait son nez, contrant l'holisme, et surtout la superficialité s'opéraient inéluctablement.

Quelques siècles seulement avant notre ère, les dieux païens méditerranéens étaient prêts pour l'instrumentalisation politique, l'asservissement et la vulgarisation populaire et, ensuite, pour la diabolisation, l'assimilation et les purges, chrétiennes et autres.

Sur le continent, les dieux celtes se sont vu réduire à une comparaison avec le panthéon romain lors de la colonisation le syncrétisme qui a donné l'ère gallo-romaine ne fut rien d'autre qu'une acculturation, il faut arrêter de sanctifier et de glorifier les civilisations et comportements impérialistes et, ainsi, de faire perdurer leur propagande!

La "religion" celtique insulaire n'a pas échappé au rouleau compresseur chrétien. Paradoxalement, le même esprit qui l'assimilait et l'altérait était celui qui la sauvait par l'écriture. Le droit celtique, en Irlande, condamnait sévèrement le viol, par castration ou dédommagement cheptel, objets précieux, terres, L'agresseur devait assurer tous les besoins de l'enfant né conséquemment. Le viol n'était pas considéré ou compensé si la victime l'avait dissimulé.

Moins hypocrite… moins cynique…. Et elle était moins violente que la nôtre! Forcément un violeur en puissance! La nudité n'était pas systématiquement synonyme de sexualité. Chaque partie du corps possédait son symbolisme, jusqu'à chaque doigt de la main signifiant à lui seul tout un concept. La gestuelle avait donc une importance cruciale, mais aussi, le fait de dénuder une partie du corps en particulier.

La tête, réceptacle de la pensée et de la volonté, était ôtée au vaincus. Le casque du guerrier n'était donc pas qu'un ustensile pratique. L'on sait, grâce aux rapports grecs et romains, que les femmes s'interposaient devant leurs guerriers et dénudaient leur poitrine pour implorer la miséricorde de l'ennemi ou demander une trêve, un pourparler.

Au contraire, les guerriers se dénudaient pour affirmer leur ferme intention de combattre, le symbole du phallus venant renforcer celui de l'épée. Le culte celte du corps du guerrier s'apparentait à celui des spartiates. Un homme ne pouvait être élu roi que si son corps ne présentait aucune tare nuisant au symbolisme complexe de sa fonction. Une reine devait avoir un "champion" dont le sexe secondait ses attributs féminins rehaussés d'une épée, et qui prenait le relais lors des périodes menstruelles.

Chaque étape était marquée par un rituel convivial de passage. Les femmes initiaient les filles. Les hommes initiaient les garçons. Ce sont souvent des membres adultes de la famille oncle ou tante qui ont cette responsabilité. Là encore, les dérives étaient probables mais en dehors de notre conception de la perversion puisque même si, dans le cas de l'initiation, l'acte sexuel relevait sans doute plus parfois d'une tradition que d'un véritable consentement mutuel, l'absence de secret, de culpabilité ou de honte la version sociale de la culpabilité , de tabou et d'hypocrisie sur le sujet, réduit considérablement la portée d'une notion d'abus vers un éventuel trauma.

Toute la famille est au courant. On en parle ouvertement. Je rappelle que les individus pré-pubères ne sont pas concernés par la sexualité, chez les Celtes. Par contre, ils y étaient souvent confrontés de part la promiscuité dans les familles, les domaines, les communautés, et de part les représentations symboliques et de visu de l'acte sexuel lors des célébrations saisonnières - bien que la présence d'individus prè-pubères incomplet n'était pas souhaitée lors de certaines assemblées ou cérémonies.

C'était même tout le contraire puisque l'initiation coïncidait avec l'éveil du désir physique, des pulsions naturelles qui, étant accueillies dans jugement, ne devenaient pas stigmatisantes. Il ne s'agit donc pas ici d'un adulte forçant sa sexualité sur un adolescent.

Et quant aux violences sexuelles, harcèlement et culture du viol. Il y aurait moins de frustrations et de conflits conflits intérieurs, pour commencer, et puis de conflits extérieurs donnant des comportements violents et auto-destructeurs. Et sans doute, moins de comportements pervers.

Comme je le dis souvent: Les sources en français, sur ce sujet, sont encore rares ou fort stéréotypées, à mes yeux en tout cas. Par contre la "question celte" et très fréquemment et ouvertement abordée dans les universités anglaises, galloises, écossaises et irlandaises. Vous trouverez sur leurs sites des comptes rendus de colloques et des articles, ainsi que les références de nombreux ouvrages où les textes antiques latins et en grecs et médiévaux insulaires - et ces derniers, rédigés dans d'anciennes langues gaéliques, sont précieux car ils proviennent de régions celtes non romanisées et tardivement christianisées - sont déjà décortiqués et analysés avec pertinence.

Du "prémâché" de qualité pour les celtisants. Ceux de Christian Goudineau, qui adresse de temps en temps la question de la sexualité et des genres. Nous revenons de loin! Publié par Frederique Badoux Réactions: Cependant des ouvrages ont montré que les Gaulois avaient un rapport à la nudité, à la sexualité, et à l'érotisme différent du notre mais aussi ses particularités.

Par exemple, la place de la guerrière ou de la magicienne a été récupérée dans notre société post-moderne, pour permettre à certains de développer des concepts idéologiques en termes de guerre des sexes ou de thérapie ou de nouvelle religion guidée par des femmes, etc. Il est à noter que certaines féministes critiquent aussi ce type de récupération qui, selon elles, se revendique du féminisme pour y développer de fausses croyances sur les femmes.

Éditions du Relié 3 octobre , collection: D'une manière générale, l'absence relative de témoignages de première main dont nous disposons a donné lieu à un ensemble d'interprétations plus ou moins fantasques.

Les druides , qui représentent la classe sacerdotale première fonction de l' idéologie tripartite indo-européenne mise en lumière par Georges Dumézil , ont systématiquement privilégié une transmission orale de leur savoir, induisant la mémorisation de milliers de vers. La connaissance globale leurs visions, leurs concepts, etc. Cependant, certains auteurs indiquent que c'est sous l'influence romaine que les choses changèrent.

Le culte de Priape, qui en faisait partie, fut en conséquence inconnu des Gaulois ou des Celtes. Cependant d'autres peuples témoignent aussi. Par exemple, concernant la nudité, nous avons le témoignage de Diodore de Sicile, auteur grec du Ier siècle avant J. La mythologie celtique se rapporte à la religion des Celtes de la protohistoire et au druidisme , qui structure les sociétés celtiques. Elle traite de la vie des dieux et déesses dans l' Autre Monde le Sidh des irlandais , des héros et de leurs exploits.

Cette civilisation a progressivement disparu avec la romanisation puis le monothéisme judéo-chrétien. Dans le cadre de cette mythologie existait la Déesse-Mère comme par exemple Belisama , déesse gauloise, femme de Bélénos.

Liée elle aussi à la lumière, la chaleur et elle est aussi déesse fertile. Chez les gaulois, ils existent de nombreuses productions de statue dites de déesse mère. Cette dénomination est issue de la psychologie analytique pour désigner des processus psychiques inconscients, ayant une importance dans la vie psychique du sujet. Ces processus se nomment archétypes. La féminité de l'homme se nomme l' anima.

La Déesse-Mère se nomme dans le cadre de cette théorie la femme de la sublimation. Ainsi les représentations féminines ne révèlent pas un présence particulière des femmes mais bien une projection des hommes: Il existe aussi dans Plutarque in la Vie de Crassus une confirmation de cet état de fait:. Le concept de pudeur, ne s'installera que beaucoup plus tard avec la romanisation.

Cependant certains auteurs nuancent ce propos et indiquent que les Gaulois faisaient néanmoins preuve de pudeur. La question de comment se déroulait la sexualité, chez les Gaulois, a souvent été posée.

Ce n'est finalement que dans les années que les premiers ouvrages traitant de manière centrale de cette question sont apparus.

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De vertu, ils n'en ont pas. Quand on dit que le système impérial romain est un génie de l'organisation, c'est de la rigolade! Il y avait une guerre civile à chaque changement de règne. Mais les Romains naissaient avec la conviction qu'ils étaient faits pour commander au monde, aux femmes et aux esclaves Très tôt, les jeunes garçons vont au bordel , encouragés par les pouvoirs publics.

Un jour, Caton le Censeur, homme sévère, voit des jeunes garçons entrer dans une maison de tolérance. C'est mieux que d'aller coucher avec des femmes mariées!

Aurait-on raison d'affirmer que la société romaine est débauchée? On imagine l'Antiquité d'après le Satiricon et Fellini. Le monde romain est un monde mahométan avant l'heure! Il est totalement puritain! D'où, justement, le Satiricon: On en bave, comme un collégien d'aujourd'hui devant un magazine porno. Dans la réalité, il y a une vraie censure des moeurs. On ne fait l'amour que la nuit, sans allumer de lampes sinon, dit-on sans y croire, cela souille le soleil.

Seuls les libertins le font de jour. L'honnête homme ne voit donc pas son épouse nue, sauf peut-être aux bains Parfois, la nuit, il peut avoir une chance C'est le grand cliché des poèmes Elles montrent à quel point l'imaginaire est différent des conduites réelles et du discours officiel.

Avec les statues de déesses, les Romains se sont fait de la femme l'idée la plus noble, la plus sensuelle, la plus distinguée qui soit: Junon est une grande dame; Vénus, une splendeur; Diane, une chasseresse indépendante Et une Vénus nue que l'on peut voir au musée du Capitole, à Rome, montre une ligne du dos si verticale, si noble, qu'on était tenté de la surnommer "la princesse au beau râble".

Mais il n'a rien à voir avec ce verbiage civique, ces moeurs d'esclavagistes et ces pratiques de puritains. L'abîme entre le machisme des Romains et leur noble imagination est considérable.

Dans la réalité, les tabous sexuels étaient donc nombreux. Beaucoup de gestes de l'amour sont absolument vomis c'est la raison pour laquelle les textes en parlent à satiété , la fellation, notamment, et surtout le cunnilingus, qui déshonore un homme parce qu'il se met au service d'une femme. Il y avait trois horreurs suprêmes pour un Romain: Trois choses que l'on a attribuées à des tyrans, comme Néron et Caligula qui était un dément précoce.

Pour les homosexuels, l'important est de sabrer, et de ne pas être sabré. Il faut toujours dominer. Un esclave ne compte pas; il est là pour être consommé. Un homme libre, en revanche, ne doit pas se laisser faire.

Il a sa dignité! Ce qui est le plus condamné par un Romain, c'est la mollesse. Si vous êtes trop sensible à la féminité, si vous prêtez votre bouche, vous êtes mou. C'est pire que tout! Le plaisir de la femme, c'est mal. Les termes les plus vifs parlent de femmes dont le ventre est un "puits à plaisir". Avec leur appétit, les femmes détournent les hommes du devoir, dit-on. Le plaisir féminin est un gouffre d'hystérie; le plaisir masculin est une faiblesse dont on ne parle pas.

Il ne doit servir qu'à faire des enfants, dans le mariage. Ils en cachent, des secrets peu reluisants, nos deux Romains sur leur fresque! Une chose manque dans cette histoire crue On ose à peine prononcer ce mot: Pour les Romains, l'amour est un grand danger! La maîtrise de soi militaire impose de ne pas céder à ses sentiments. Un homme qui s'intéresse trop aux femmes n'a aucun contrôle sur lui-même.

Il n'est pas un homme. La passion, c'est bon pour les poètes. Dans les romans, on raconte l'histoire de deux amoureux qui connaissent les péripéties les plus invraisemblables: Elle s'en tire et reste vierge. Ils se marieront et vivront heureux. Ce n'est que du roman Et puis, brusquement, vers le IIe siècle de notre ère, les Romains se donnent une nouvelle morale C'est un changement mystérieux qui se produit peu avant l'an , au temps de Marc Aurèle.

Une autre Antiquité commence. On se met à interdire les mauvaises moeurs, alors qu'on en rigolait, jusque-là. Peu à peu s'instaure une très vive hostilité à l'avortement et à son substitut, l'exposition d'enfants, qui était courante et quasi officielle. On stigmatise les veuves qui couchent avec leur régisseur. On sévit à l'encontre de l'homosexualité.

Désormais, l'entente dans le mariage, qui n'était que souhaitée, devient un contrat mutuel mais il ne s'agit toujours pas d'amour. L'adultère du mari est considéré comme aussi grave que celui de la femme mais on ne le punit pas vraiment, il ne faut pas exagérer! Les époux doivent être chastes, ne pas trop se caresser, et ne faire l'amour que pour procréer. La sexualité, c'est pour faire des enfants! Les Romains ont inauguré le couple puritain! Ils ont inventé la morale conjugale! Le mariage dit "chrétien" est né avant les chrétiens!

Ceux-ci se sont contentés d'adopter et de durcir la nouvelle morale païenne, le stoïcisme de Marc Aurèle, en y ajoutant leur propre haine du plaisir.

Dire que le christianisme est le fondement de notre morale est donc dépourvu de sens! C'est sous les Romains que celle-ci s'est forgée, pour des raisons que nous ignorons. Mais les moeurs ne changent que lentement. Paulin de Pella, chrétien de la grande noblesse de Gaule, aura, au Ve siècle, cette phrase admirable: Je couchais uniquement avec mes esclaves! Cela en dit long sur l'évolution de la morale. Survient la décadence de l'Empire.

On suppose, après vous avoir écouté, que nos idées sur cette fin sont aussi erronées. Toujours pas d'orgies, de bacchanales? Bien sûr que non! Au contraire, ça se crispe encore: La même année flambe la première synagogue. La même année débarque à Carthage un homme chargé de démolir les temples païens. On commence à persécuter les hérétiques et les schismatiques. C'est l'interdiction du paganisme.

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